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  LES HUIT TYPES D’ECUS DE LOUIS-PHILIPPE

vendredi 29 septembre 2006

Pour être précis, il me faudrait ajouter « actuellement répertoriés », car nous ne sommes pas à l’abri d’une découverte.

Mais avant de vous décrire ces types, rappelons brièvement ce que l’on entend par type : deux monnaies sont de type différent quand les gravures de l’avers ou du revers sont différentes, la différence devant être intentionnelle de la part de l’autorité monétaire. Les autres variantes, millésime, atelier, différents et tranche sont des variétés et non pas des types distincts.

Il y a vingt-cinq ans, on connaissait quatre types d’écus de Louis-Philippe, qu’on appelait respectivement le premier , le second, le troisième type provisoire et le type définitif.

La découverte de nouveaux types a rendu totalement inadéquates ces désignations et j’ai été amené à en proposer de nouvelles, qui ont l’avantage de donner immédiatement une idée du type désigné.

Passons maintenant à la description de ces types :

Le premier type Tiolier :

Il s’agit de l’effigie à la tête nue due au graveur Tiolier, avec la légende « sans le I » après « Louis-Philippe ».

Ce type s’appelait jadis le premier type provisoire.

Il n’a été frappé qu’en 1830, et seulement dans quatre ateliers (A,B,D et W).

Le deuxième type Tiolier :

Pour mieux asseoir sa dynastie, Louis-Philippe demanda à ce que l’on rajoute un I après son nom, espérant sans doute qu’il y aurait un Louis-Philippe II, puis un Louis-Philippe III, etc…

Ce type possède la même effigie de Tiolier, mais avec un I dans la légende, après « Louis-Philippe ».

On l’appelait jadis le deuxième type provisoire.

Ce type a été frappé en 1830 et 1831.

Le deuxième type Tiolier hybride :

Ce type, découvert assez récemment, se distingue du précédent, en ce sens que si l’avers est celui du type précédent (l’effigie à la tête nue due à Tiolier), le revers est celui du type suivant : rameaux plus grossiers, date plus grosse, et les différents ne sont plus au-dessus de la date, mais l’entourent au même niveau.

Il semble que ce type ne soit apparu qu’à Bordeaux, du moins n’a t’on pas encore découvert ce type pour d’autres ateliers. Sa tranche est en creux. Il est daté de 1831.

On connaît maintenant plusieurs exemplaires de ce type fort rare, peut-être cinq ou six. (dont deux dans ma collection personnelle).

Le premier type Domard :

Ce type, apparu en 1831, est assez différent des deux premiers types : l’effigie, due à Domard, est laurée, avec un ruban droit le long du cou. Au revers, les rameaux sont beaucoup plus grossiers, la date aussi, et les différents ne sont plus au-dessus de la date, mais l’entourent au même niveau.

Les variétés avec la tranche en creux sont rares en général, certaines rarissimes et quelques-unes probablement inexistantes (pour A ,B, H, L, T, et W).

Le premier type Domard hybride :

Ce type a été découvert il y a quelques années.

L’avers est celui du type précédent, c’est-à-dire l’effigie laurée de Domard, mais le revers est du type suivant : les différents d’atelier et de Directeur sont à l’exergue et non plus encadrant la date. Le différent de graveur général est aussi à l’exergue (il était sous la date dans le type précédent).

Ce type est daté de 1832. On connaît pour ce type les ateliers de Paris, La Rochelle et Perpignan (variété unique pour cet atelier -collection personnelle-)

Ce type est extrêmement rare, quelques exemplaires connus.

Le deuxième type Domard :

On l’appelait jadis le type définitif. Il ne l’était pas vraiment.

Ce type, le plus commun de tous, est bien connu. A l’avers, deuxième effigie de Domard, avec le ruban tourmenté et le repositionnement de la légende. Au revers, les différents sont à l’exergue.

Ce type a été frappé couramment de 1832 à 1843. On connaît une variété frappée en 1831 à La Rochelle. Le deuxième type Domard hybride :

Ce type est apparu très récemment.

L’avers est du deuxième type Domard (ruban tourmenté), mais le revers est du premier type Domard (différents dans le champ et non pas à l’exergue).

On ne connaît actuellement que la variété 1831 M pour ce type.

Le troisième type Domard :

En 1844, le positionnement de la légende a été modifié, le I étant nettement plus éloigné de « Philippe ».

On a trouvé quelques exemplaires datés de 1843.

Ce type est bien le type définitif, mais n’a duré que 5 ans, alors que les types « provisoires » se sont étalés sur 14 ans !

Voilà l’état actuel de la question.

Mais les écus de Louis-Philippe comprenant cinq avers et trois revers distincts, le nombre théorique de types est de quinze !!

Bien sûr, on imagine difficilement qu’on puisse rencontrer un écu possédant l’avers du premier type Tiolier (créé en 1830) et le revers du troisième type Domard (qui date au plus tôt de 1843).

Mais le tableau ci-dessous montre qu’on peut espérer encore trouver deux types supplémentaires, qui porteraient respectivement les noms de « Deuxième type Tiolier sous-hybride » et de « Premier type Domard sous-hybride ».

REVERS AVERS A1 Tête nue sans le I A2 Tête nue avec le I A3 Tête laurée ruban droit A4 Tête laurée ruban tourmenté A5 id, repositionnement de la titulature R1 Rameaux fins 1er type Tiolier 1830 2ème type Tiolier 1830-31 ?* R2 Gros rameaux 2ème type Tiolier hybride 1831 1er type Domard 1831 2ème type Domard hybride 1831 R3 Diff. à l’exergue ?** 1er type Domard hybride 1832 2ème type Domard 1831-1843 3ème type Domard 1843-1848

*1er type Domard sous-hybride, à découvrir. **2ème type Tiolier sous-hybride, à découvrir.

Alors, il ne vous reste plus qu’à courir à vos médaillers pour voir s’il ne s’en trouverait pas un par hasard !