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  LA CINQ FRANCS CERES SANS LEGENDE.

vendredi 29 septembre 2006

A partir de mon ouvrage , consacré à la pièce de 5 francs Cérès sans légende, j’ai rédigé une synthèse sur ce monnayage particulier, facilement consultable et qui permettra à chacun de s’y retrouver. Avec actuellement plus de 38 paires de coins différents retrouvés (90 pages en cours de rédaction...), l’inventaire en paraît presque exhaustif.

Cette étude fait le point sur un type et une valeur particulière : la pièce de 5 francs Cérès sans légende, frappée pendant la guerre Franco-Prussienne en 1870 et 1871.

A circonstances exceptionnelles, monnayage exceptionnel spécialement à Bordeaux où cet atelier fut rouvert dans les suites du siège de Strasbourg puis de Paris.

Après rupture de la fourniture des coins par le graveur général Albert Barre resté dans Paris assiégée, on entrepris la fabrication de coins sur place. On ne savait pas comment faire. On organisa donc un atelier de gravure autochtone et autonome, ce qui donna lieu à une fabrication dont le caractère fut improvisé et artisanal tout d’abord, puis l’expérience et les conditions matérielles s’améliorants, la production devint un peu plus homogène, avant la réorganisation de la fabrication monétaire fin juin 1871.

Cette production bordelaise est spectaculairement hétérogène. Le contrôle de la qualité de sa fabrication est réduit à sa plus simple expression. Le mot d’ordre dans les balbutiements de la Troisième République en guerre fut de produire à n’importe quel prix, pour affirmer son existence, témoin du caractère symbolique de la monnaie.

A partir des quelques indications données par Emile DEWAMIN, j’ai tenté à partir de l’examen de quelques centaines d’exemplaires de la pièce de 5 francs Cérès sans légende, de reconstituer la chronologie relative de la fabrication monétaire de cet atelier qui produisit des gravures originales, parallèlement à la fabrication effectuée à Paris et conduisant à une véritable émission monétaire de Bordeaux.

5 FRANCS CERES SANS LEGENDE. Gouvernement de Défense Nationale. Décision ministérielle du 7 septembre 1870. Graveur général : Albert Barre. D’après DOMARD/OUDINE

1. 1870 A ancre 609 709 ex. (d’après Frederic Droulers) 2. 1870 K ancre 170 858 ex.

Avant le siège de Paris, Albert Barre confia des coins de 5 francs(4 paires ?) et de 2 francs préparés par ses soins, à H. Delebecque chargé de rouvrir l’atelier de Bordeaux. Début de la frappe le 4 octobre 1870. Nombre de feuilles du rameau d’olivier à droite de la couronne : 2,4,3,3,3,3,4,2. Signature grasse.

5 FRANCS CERES SANS LEGENDE. Emission de Bordeaux. Autorisation administrative n°735 de la délégation gouvernementale de Tours. Graveur : Charles Marchais(C. Marchant-Duplessis (d’après Fréderic Droulers))

Le graveur général Albert Barre ne pouvant faire parvenir de nouveaux coins, un Atelier de gravure autonome, dirigé par Charles Marchant-Duplessis alias Marchais est mis en place. On ne savait pas comment faire. De nombreuses gravures différentes existent, car les opérations de matriçage n’étaient pas maîtrisées, tout au moins pour les premiers coins fabriqués. 38 paires de coins au minimum furent fabriquées. Les premiers coins fabriqués sur place furent utilisés en rotation, augmentant le nombre de combinaisons différentes. Fin de la production : juin 1871.

Tirage total Description 1. 1870 K * 398 804 ex. Association avers fournis par Barre et revers Marchais. Avers : signature grasse. Revers : nombre de feuilles d’olivier 2,2,3,3,3,3,2. M dans une grande étoile à 4h00. 2. 1870 K * ----- Grande croix verticale regravée sur grande étoile. Grande croix regravé sur grande étoile. M dans une grande étoile à 10h00. Revers associé à 4 avers différents à la feuille d’épi longue. Nombre de feuilles d’olivier : 2,2,3,3,3,3,2. Grosses perles du grènetis. 3. 1870 K * unique. Inversion de secteurs de virole. Grènetis irrégulier. LA FRANCE / PROTEGE /DIEU. Feuilles d’olivier : 2,2,2,3,3,3,2. M à 11h00 dans une grande étoile. (1 ex. recensé) 4. 1870 K * ----- M presque à 12h00 dans une grande étoile. Nombre de feuilles d’olivier:2,4,3,3,3,4,2. 5. 1870 K * ----- Revers petite étoile. Nombre de feuilles d’olivier : 2,4,2,3,3,3,2. 6. 1870 K * ----- Revers petite étoile. Nombre de feuilles d’olivier : 2,4,3,3,3,3,2. 7. 1870 K * ----- Autres combinaisons : Avers : feuille d’épi courte. Revers : nombre de feuilles d’olivier : 2,4,3,3,3,4,2.(plusieurs variantes dans la longueur de certaines feuilles de la couronne) 8. 1870 K * très peu. Signature fautive A.E.OUDINE.F 8. Signature fautive A.E.OUDINE.F. 13 Exemplaires recensés. 9. 1871 K * 604 313 ex. Revers : 2,4,3,3,3,4,2. Avers : feuille d’épi au-dessus de CONCOR courte. 10. 1871 K * ----- Revers : 2,3,3,3,3,4,2. Avers feuille d’épi courte ou plus longue. 11. 1871 K * ----- Revers : 2,3,3,3,3,4,2. Avers : ruban large. Signature fine (3 avers différents). * : grande étoile * : petite étoile.


LES SIGNATURES

En ce qui concerne les caractères bâtons utilisés à Bordeaux , chaque poinçon de lettre a été utilisé individuellement expliquant ainsi les variations de position, les inversions, les déséquilibres...

Signature grasse (coin original). Signature bâton (pointe du cou entre I et N).

Signature bâton(pointe du cou au début de E). Signature A.E. ...

Signatures en caractères bâtons particulièrement déséquilibrées .


LES ETOILES

********* GRANDE ETOILE (sur les premiers coins) *********

M à 4h00 M à 10h00 M à 11h00 M vers 12h00

******** PETITE ETOILE (poinçon de la 2 francs) ********

M vers 14h00 (orientation habituelle).


LA CROIX TREFLEE

Grosse croix tréflée verticale regravée sur étoile. Croix tréflées de position variable.


LE E DE REPUBLIQUE ET LA FEUILLE D’EPI

Les barres verticales du E de REPUBLIQUE sont courtes : la feuille d’épi est longue ou plus courte (premiers coins fabriqués).

Les barres verticales du E de REPUBLIQUE sont plus longues : la feuille d’épi au-dessus de CONCORD est raccourcie et de forme variable.

Les barres verticales de E de REPUBLIQUE sont longues : la feuille d’épi est longue.


LES EXTREMITES DU RUBAN

Ruban large (gravure originale).

Ruban fin avec formes des extrémités variables.

Ruban large avec extrémités variables.


LA TRANCHE

Au dessus : inversion de secteurs de la virole pleine : LA FRANCE PROTEGE DIEU. En dessous : notons l’espacement des caractères qui est variable suivant les viroles utilisées. Remarquons la séparation entre les secteurs de la virole qui est très importante sur certains exemplaires et se traduit par un module plus important de la monnaie. Parmi les premières monnaies gravées à Bordeaux , des secteurs sont mal inscrits (souvent le secteur protège) alors que la monnaie paraît peu usée. Ces phénomènes sont dûs à l’usure des secteurs des viroles et des ressorts.