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  LES PIECES A TROU !

vendredi 29 septembre 2006

Non, ce n’est pas une blague, entre 1914 et 1946, plus de 700 millions de pièces de 5 centimes, près de 1,5 milliards de pièces de 10 centimes, près de 250 millions de pièces de 20 centimes et et plus de 360 millions de pièces de 25 centimes furent fabriquées et mises en circulation. En nickel, en cupro-nickel, en maillechort, en zinc ou en fer, elles alourdirent nos porte-monnaies pendant près de quarante ans et représentent un poids total de près de 9000 tonnes de métal. Ce sont les monnaies les plus courantes du monnayage français, mais aussi les plus populaires. Ces “sous troués” comme ils sont surnommés, car la pièce de 5 centimes ou ses multiples représentaient aussi pour nos grand-parents un sou ou 5 centimes, ont eu la vie dure. Pourquoi “des pièces à trou” à la veille de la guerre de 14 ?

Depuis 1852, étaient frappées de lourdes pièces de bronze de 10 et 5 centimes pesant respectivement 10 et 5 grammes de grand module 30 et 25 mm. Dès le début des annnées 1880, le gouvernement et les institutions monétaires réfléchirent et commencèrent à mettre en projet, la fabrication de nouvelles espèces avec des métaux qui n’avaient jamais été employés auparavant. Les habitudes acquises firent que ces monnaies mirent presque quarante années avant de s’imposer et de remplacer les anciennes pièces de bronze. Les dernières pièces de 10 et de 5 centimes en bronze furent frappées jusqu’en 1921. Les nouvelles “pièces à trou” firent donc leur première apparition en 1914. Elles étaient plus légères, de 2 grammes pour les pièces de 5 centimes et de 6 grammes pour les pièces de 10 centimes. Leur diamètre avait été réduit de 6 mm pour les pièces de 5 et de 9 mm pour les pièces de 10. Leur couleur blanche et leur métal beaucoup plus dur leur assuraient d’emblée une longévité accrue. Pour ne pas les confondre avec les pièces d’argent, elle furent trouées. Cette méthode facilitait aussi leur conditionnement, en piles. Leur coût de fabrication était aussi moindre. Dès 1920, le poids de la pièce de 5 centimes fut réduit à 2 grammes. La création de la pièce de 25 centimes avec un poids de 5 grammes et un diamètre de 24 millimètres venait amélioré considérablement la circulation monétaire et facilitait les petits échanges.

Ces pièces de 1, 2 et 5 sous circulèrent sans problème jusqu’à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Contenant des métaux stratétiques à l’armement, elles furent démonétisées en 1941 et 1942 au profit des allemands. Un acte de résitance passive à l’ennemi et à l’occupant fut de conserver ces petites monnaies au pouvoir d’achat réduit afin de ne pas favoriser les usines d’armement allemandes. C’est pourquoi, ces monnaies sont encore aujourd’hui très courantes. Elles furent remplacées par des “ersatz” en zinc qui eurent une longévité beaucoup moins importante à cause du métal. Toutes ces monnaies furent démonétisées en 1947.

Toutes ces pièces sont courantes et se rachètent en état médiocre au kilo, mais l’exception confirme la règle. La pièce de 5 centimes de 1914 (F.120) qui ne fut pas mise en circulation et se trouve donc être une pré-série, vaut aujourd’hui près de 40000 F en FDC., celle de 10 centimes frappée seulement à 3972 exemplaires vaut plus de 12000 F. dans le même état.

Alors à vos boîtes en fer du grenier de grand-papa, recherchez les étuis en alu où vos grand-mères ont dissimulées, puis oubliées ces trésors cachés. Peut-être aurez vous la chance et le bonheur d’y découvrir, l’oiseau rare, le sou troué à l’origine du Pactole. Bonne chance et bonne chasse.