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Demi-Franc Napoléon Ier Tête Laurée, république Française

  Matrices buste fort et buste fin

f177_Var_Buste

samedi 25 août 2018, par Franck Perrin

Synthèse des articles parus dans les Bulletins Numismatiques n°34, 87 et

Découvertes par ANPB-Milan, collectionneur spécialisé dans l’Europe de Napoléon, ces 2 matrices présentent des différences dans la représentation de Napoléon au droit des monnaies de Demi-Franc.
A partir de 1808 il est possible d’observer l’apparition de 2 formes de bustes. L’un plutôt joufflu dit buste fort, et l’autre plutôt affiné dit buste fin.
Comment les reconnaitre ?

- Muscle du cou : peu marqué pour le buste fort, très marqué pour le buste fin donnant une impression de tension plus forte.

- Lobe de l’oreille : peu marqué pour le buste fort, très marqué pour le buste fin.

- Cheveux du dessus du crâne : bien gravés et sortent bien pour le buste fort, gravés moins profondemment pour le buste fin.

- Menton : moins arrondi et plus court pour le buste fort, celui-ci est plus proéminent pour le buste fin. A noter que ce critère est fiable quelque soit l’état de la monnaie.

- Cou : pomme d’Adam quasiment absente sur le buste fort, elle est plus prononcée sur le buste fin. Ce critère est également fiable quelque soit l’état de la monnaie.


Un peu d’histoire
Après les victoires de Napoléon à Iéna et à Auerstaedt (1806) contre la quatrième coalition menée par la Prusse, la Russie et l’Angleterre et après la promulgation du décret de Berlin (21 novembre 1806), qui instaure le blocus continental contre l’Angleterre, le système napoléonien est à son apogée et Napoléon au sommet de sa gloire. En effet, la Monarchie prussienne est décapitée, l’Angleterre isolée et la Russie neutralisée.
À la mi-décembre 1806, des changements sont proposés pour les monnaies de 1807. Ce ne sont que des modifications des accessoires du type, nécessitées par la mise en usage des procédés pour la fabrication des espèces d’or et d’argent en virole pleine inventés par Philippe Gengembre. Ils ont pour but de perfectionner les espèces et d’augmenter les difficultés de la contrefaction. On peut noter, parmi ces changements, un listel plat pris sur une partie du grènetis ; la rentrée du grènetis et du corps des légendes vers le centre de la pièce ; le rapprochement des branches de feuilles, formant une couronne, et le placement de la valeur au milieu dans de meilleures proportions ; et une meilleure forme des lettres des légendes. Comme le type à la tête laurée n’est pas encore défini, des types provisoires, issus de la circulaire du 11 février 1807 et choisis parmi des modèles à l’étude, font leur apparition entre janvier et juin 1807. Les nouvelles monnaies peuvent être regroupées en deux types : le premier comprend les pièces d’or et la pièce de 5 francs (« type provisoire ») et le second les pièces en-dessous de celle de 5 francs qui forment un nouveau type baptisé, par les numismates, « tête de nègre » en raison de l’aspect crépu donné à la chevelure de l’Empereur.
Le coin est confectionné d’après la maquette du fils de Tiolier, Nicolas-Pierre, réalisée lors de son long séjour à la villa Médicis. Seul l’atelier de Paris frappe les pièces en argent pendant six mois, ce qui explique leur rareté. Jusqu’alors, l’Empereur s’était abstenu, par un reste de simplicité républicaine et pour ménager certaines susceptibilités, de ceindre son front des lauriers qu’il avait cueillis en Italie, en Égypte, sur les bords du Danube. Mais les victoires se poursuivent en 1807 (Eylau, Friedland…) et font de lui l’arbitre de l’Europe. C’est en position de force qu’il rencontre le Tsar Alexandre Ier à Tilsitt (25 juin 1807) et qu’il négocie le traité de paix signé le 8 juillet 1807 qui ressert la Prusse entre l’Elbe et le Niémen. Napoléon n’a donc plus peur désormais d’affirmer publiquement ses monarchiques. Au début du mois d’août 1807, Mongez adresse à Gaudin, ministre des Finances, la minute manuscrite suivante :
« Monseigneur,
Nous nous sommes hâtés de conférer avec le Graveur général des Monnaies, relativement au désir de Votre Excellence, pour l’addition d’une couronne de laurier à la tête de notre auguste Empereur. Il paraît que dans quinze jours à dater de la réception de la lettre que vous voudrez bien nous écrire à ce sujet, on pourrait frapper des monnaies ainsi nées. Il convient que ce changement soit fait sur les têtes des Napoléons et des Cinq francs, par les graveurs de ces têtes, les Sieurs et . À la réception de votre lettre, nous leur enverrons des poinçons ou des matrices (à leur choix) en leur prescrivant le terme de dix jours. La dépense ne doit pas s’élever pour chacun d’eux à plus de 400 francs. Nous prions Votre Excellence d’agréer les hommages de notre respectueux dévouement  ».

Le 5 août 1807, une circulaire de Gaudin ordonne l’addition, sur toutes les monnaies, d’une couronne de laurier sur la tête de Napoléon. Le lendemain, l’administration des Monnaies, après avoir convoqué Droz, Brenet et Tiolier, autorise le secrétaire général à remettre aux trois graveurs les poinçons originaux de tête des différentes pièces de monnaies pour y modifier l’effigie et elle le charge de veiller à ce qu’ils hâtent leur travail. Ces derniers promettent de le terminer pour le 10 août. Elle peut donc compter, pour le 14 août, veille de la Saint-Napoléon, sur une collection des monnaies d’or et d’argent – à l’exception des pièces de demi-franc et de quart de franc dont les changements ne peuvent pas être effectués à temps – pour la présenter à l’Empereur. Une semaine plus tard, le 13 août, les échantillons de la première fabrication, en date du même jour, de pièces de 40 francs, de 20 francs, de 5 francs, de 2 francs et de 1 franc sont envoyés à l’essai pour en constater le poids. Napoléon approuve, le 14 août, l’addition de la couronne de laurier faite aux monnaies et, trois jours plus tard, trente-sept nouvelles pièces d’or lui sont remises. Le 20 août, le secrétaire général, sur la demande de Tiolier, se rend dans ses ateliers pour y constater la quantité de poinçons de coin de tête sans couronne s’y trouvant. Cette dernière s’élève à vingt poinçons des diverses espèces et à quatre cent soixante-huit coins. La semaine suivante, le commissaire de la Monnaie de Paris demande à l’administration des Monnaies s’il doit se servir des coins de tête, sans couronne, des différentes espèces de monnaie qu’il lui reste concurremment avec ceux qui sont couronnés. Cette dernière lui répond que, la fabrication en virole des espèces avec couronne ayant été approuvée par Napoléon, toute autre avec des coins de tête sans couronne doit être suspendue dès la réception des nouveaux coins. En réponse à sa lettre du 18 adressée à chaque graveur au sujet du montant de leurs travaux, l’administration des Monnaies reçoit, le 28 août, la note de Tiolier dont le montant s’élève à 750 francs « pour avoir refait la matrice de tête » des pièces de 2 francs, de 1 franc, de demi-franc et de quart de franc « et y avoir placé une couronne de laurier ».
Le 25 septembre 1807, Gaudin autorise la fabrication par Tiolier des coins nécessaires au service de 1808. Un mois plus tard, l’administration des Monnaies communique aux commissaires des Monnaies, par une circulaire en date du 26 octobre, les changements effectués dans les espèces monétaires à Paris en 1807 et qui doivent avoir lieu au 1er janvier 1808 dans celles des autres Monnaies.

Fort de ces nouveaux éléments un pointage de masse reste à réaliser afin de distinguer la rareté relative de chaque buste.

Période : PREMIER EMPIRE
Personnage : NAPOLEON
Valeur faciale : 50 Centimes
Millésime : -vide-
Atelier : -vide-
Métal : ARGENT
Poids : -vide-
Diamètre : -vide-
Graveur général: TIOLIER PIERRE-JOSEPH
Directeur d'atelier : -vide-
Graveur avers : TIOLIER Pierre-Joseph
Graveur revers : TIOLIER Pierre-Joseph
Type Franc : 177
Version Franc : 9
Variante/Variété : ELEMENTS DE GRAVURE/TYPE PRINCIPAL/PORTRAIT (AVERS)
Contremarque : (Non) -vide-
Satirique : (Non) -vide-
Fautees : -vide-