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  LES FAUSSES

vendredi 29 septembre 2006

Il faut toujours penser aux deux catégories de fausses pièces, les « faux pour servir » et les « faux pour collectionneurs ». Le faux pour servir vise à spolier le Trésor Public en mettant en circulation un maximum de monnaies falsifiées, le faux pour Collectionneur vise à escroquer les collectionneurs en truquant ou falsifiant une monnaie de collection pour la vendre à un collectionneur. Réglons le cas de cette deuxième catégorie : quasiment pas de faux pour collectionneurs sur la Cinquième République sauf pour les 1 centime 1991 truquée (vu un exemplaire) et les variétés fabriquées, déjà citées par ailleurs, de toutes façons, les faux pour collectionneurs ne se collectionnent pas consciemment. En revanche, les « faux pour servir » sont collectionnés et apportent parfois des informations très intéressantes. Sous la cinquième République, nous trouvons les faux classiques suivants qui n’ont évidemment pas encore de valeur marchande particulière :
- les cinq francs algériens : l’effondrement du dinar algérien depuis une vingtaine d’années et l’implantation massive en France de populations algériennes ayant gardé des attaches familiales dans leur pays ont permis en Algérie la circulation assez courante de monnaie française dans les échanges quotidiens. Ce faisant, des malins ont fabriqués des fausses 5 francs en nickel, mal imitées et très plates mais manifestement très lucratives et nombreuses en Algérie puisqu’on les trouve assez régulièrement en France.
- les fausses 5 francs en argent ont été faites en plomb et métaux lourds divers dans les années 1960. Cela peut nous sembler aujourd’hui étrange de fabriquer « sérieusement » des faux d’une si petite valeur mais il ne faut pas oublier qu’en 1960, le SMIG était de 1,59 franc de l’heure. Une pièce de cinq franc en argent représentait donc l’équivalent de trois heures de travail d’un ouvrier, une somme donc importante. Ces fausses se repèrent très facilement à leur son : n’étant pas en argent, elles font « toc » sur le marbre au lieu de la sonnerie cristalline de l’argent.
- les fausses 10 francs Génie ont été introduites en masse vers 1995 mais ont presque disparu actuellement de la circulation. On a remarqué des exemplaires datés par les faussaires d’années qui n’existaient pas en circulation...
- les fausses Mathieu ont précédé les fausses Génie avec une qualité de fabrication encore plus médiocre mais néanmoins suffisantes pour tromper, surtout les parcmètres. A ce propos, un vrai/faux Mathieu a été introduit en grande quantité dans la circulation, les pièces de 10 tomans d’Iran des années 1980 : fabriquées sur les mêmes flans que les 10 francs Mathieu et ne valant plus rien à la faciale suite à l’effondrement du toman iranien, elles ont gorgés les parcmètres pendant des années. Une curiosité qui mérite bien de se retrouver dans une collection consacrée à la cinquième République !
- les fausses 50 francs « anniversaire » sont à la limite de la plaisanterie de mauvais goût : j’ignore qui a fabriqué en métal vil des imitations de pièces de 50 francs en argent portant une date d’anniversaire à la place de la date normale et ont été acceptée comme bonnes par des gens pas très méfiants. On en retrouve régulièrement dans les lots destinés à la fonte.
- il existe de rares fausses 100 francs (j’ai vu les modèles Panthéon et Marie Curie), assez dangereuses, que l’on reconnaît assez facilement car les faussaires, pingres, n’ont pas utilisé d’argent mais un métal blanc qui « sonne » mal quand on essaye de les faire tinter. L’arrête des tranches des faux s’arrondit beaucoup plus que sur les vrais. Ces falsifications ont très rapidement cessé, simplement parce que la population s’est mise à refuser ces monnaies, authentiques ou fausses.