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Duprés Bronze

  Excentrement : Classification

vendredi 29 mai 2009, par Xavier Bourbon

De la difficulté de rendre compte d’un excentrement pour des monnaies frappées sans virole : l’exemple de cette CINQ CENTIMES An 5 I.

La frappe est excentrée. Le placement des flans à la main sous le balancier ou le mouton, générait des positions parfois aléatoires du flan au moment de la frappe...gare aux doigts !

On trouve donc pour ces monnaies dont le placement n’était pas parfaitement régulier, des excentrements parfois assez importants et dont l’orientation est totalement aléatoire.

Comment en rendre compte et comment le calculer ?

Atlaz avait donné le calcul pour les perforations des Lindauer, reprendre le même calcul est tout a fait faisable (cf. notule perforation décentrées : classification)

Il faut commencer matérialiser :
- le centre physique de la pièce ;
- le centre de la frappe.

L’utilisation de logiciels graphiques est ici très utile...plutôt que de se lancer dans une mesure au pied à coulisse ! Une fois repéré les deux points centraux, on mesure l’écart entre ces deux "centres" (frappe et pièce). Il suffit alors de calculer la valeur suivante : (écart)x100/(diamètre) et l’on obtient en pourcentage, l’excentrement de la frappe par rapport à une frappe parfaitement centrée.

Pour en calculer l’angle, deux méthodes sont possibles : l’une assez simple et accessible sans aucun moyen de mesure, l’autre nécessitant une calculatrice.

Dans le premier cas, il suffit de considérer la pièce comme un cadran de montre et de repérer l’orientation de l’excentrement (le déplacement du centre de la frappe par rapport au centre de la pièce) et de considérer cet axe comme l’aiguille d’une montre (cf flèches matérialisées sur les clichés reliant les deux "centres"). On obtient alors une "heure". Dans le cas présent, l’excentrement à l’avers est entre 10 et 11h.

Une autre solution, un peu plus compliquée, consiste à calculer l’orientation exacte, en passant par les formules trigonométriques de calcul d’angle.

A titre d’illustration, l’exercice a été mené sur cette pièce de cinq centimes frappée à Limoges, pour l’avers et le revers. Les traits noirs matérialisent deux diamètres de la pièce (et donc son centre) . L’intersection des lignes oranges matérialisent le centre des coins (et donc le centre de la frappe).


Pour l’avers, le décalage, orienté à 309°, soit environ à 10h30, est de 10%.

Pour le revers le décalage, orienté 300°, soit environ à 10h00, est de 5%.


Le décalage autant que son orientation sont différents d’une face à l’autre (cf. flèches blanches au centre du revers). Les coins eux aussi pouvaient bouger lors des séances de frappe et n’étaient pas forcément centrés l’un par rapport à l’autre, ni axés correctement. Les carrés, serrés mécaniquement dans des boites (que ce soit dans le balancier ou le mouton) pouvaient présenter un jeu mécanique allant grandissant avec le nombre de frappes. Quand bien même les carrés étaient positionnés correctement avant de commencer (ce qui n’était pas forcément le cas), avec le nombre de chocs correspondant aux frappes par centaines, par milliers, les jeux devaient augmenter distinctement pour le carré d’avers et celui de revers et conduire à une rotation des coins l’un par rapport à l’autre.

Attention donc à la manière de signaler un décalage...reste à trouver et illustrer les plus ’beaux’.